16.9.08

Mail Attack


"Je suis allé au resto. Le serveur était incompétent. La cuisine écœurante, et le prix magnifiquement élevé." Eric (78).

"Un vendeur de téléphones portables, en voyant ma désaffection envers le produit qu'il me proposait, a susurré ce que j'ai pu entendre. Un "gros con" qui me reste en travers de la gorge". Guillaume (16).

"La serveuse du Mac m'a bien arnaquée. Les burgers étaient froids. J'ai appelé. Ils m'ont dit de revenir pour changer ma commande. Ce que j'ai fait. Pas d'excuses, pas de geste commercial. Un incroyable "Ce sont des produits frais, si on attend un peu, cela refroidit très vite, c'est normal."" Vanessa (44).

Ce genre de mésaventure n'est pas rare.

Pour contraindre les entreprises de services à devenir "responsables", envoyer un mail de mécontentement doit être préconisé.

Mes conseils :
  1. Ne pas insulter. Un mail froid et efficace aura une bien meilleure "réception" qu'une liste d'enculé* ! foiré* ! etc.
  2. Demander. Dans le cas d'une insatisfaction sur un produit ou service, demandez réparation (pécule, échange ou autre).
  3. Insister. Plusieurs mails ne sont pas de trop pour se faire entendre.
  4. Tricher. Si vous n'avez pas de réponse au premier mail, envoyez le second en mettant en copie certaines personnes dites "influentes". Par exemple, sophie.limmier(at)60millions-mag.fr. Il n'y a pas (je l'espère!) de Sophie Limmier à 60 millions de consommateurs, mais le destinataire peut le croire, et répondra très vite à votre mail de mécontentement.
Ce billet m'a été inspiré d'un ami qui pratique ce genre de mails. Je vous garantie que cela fonctionne (70% de réussite selon lui). Parfois même, les managers, directeurs de com, remercient ce genre d'initiatives, ayant un retour-client sur leurs prestations, et leur permettre ainsi de les améliorer.

14.9.08

Le mauvais goût

Impossible d'y échapper. Les papillons jaunes sont partout.
J'invite tous les utilisateurs de Facebook à rejoindre ce groupe, avant que le gilet jaune ne devienne le CADEAU incontournable de Noël !

13.9.08

Pour quelques néons de plus...



Le CHAM.E (Centre Hospitalier pour l’ Accueil de la Mère et de l’Enfant) est devenu, sans le vouloir, une matérialisation de l’écart grandissant entre les individus et les pouvoirs publics.
« La ville s’est dotée d’un complexe superbe », pourrions-nous penser lorsqu’on se trouve à son flanc et qu’il n’y a pas de nuages pour assombrir son teint. Le neuf a son charme et fait du bien aux yeux, je reconnais. Sur un talus plus en hauteur ils m’attendaient en fumant leur dernière.

Commençons.

Mr Fourman, chargé de l’entretien des machines du bloc opératoire, me tînt à peu près ce langage : « Le CHAM.E est un gaspillage magnifique qui confirme ce que je pensais : les architectes sont shootés et les patrons sont bons qu’à pomper notre fric - ce n’est pas une surprise vous en conviendrez. »
L’affaire remonte à deux ans, dans un bureau administratif et par 5 voix contre 3, le chantier fut entrepris. 49 millions d’euros pour un projet faramineux, payé pour un tiers par la ville (« Nous », insistait Mr Fourman) et le reste par l’Etat. L’architecte (le « shooté ») venait du midi, reconnu là-bas et ailleurs comme une référence, surtout pour ses ponts. Il devait être secondé dans ce projet par des médecins pour aider à la mise en œuvre d’une « répartition de l’espace répondant efficacement aux besoins des patients » (Mr Thorbuin, directeur du CHAM.E).

« J’en doute », me lance l’infirmière Melle Thurgot, une infirmière imaginable.

Effectivement, le résultat est médiocre. Les interrupteurs ne sont pas à côté des portes, pneumatiquement auto-fermantes, ce qui oblige la personne à errer sur trois mètres dans un noir total avant d’atteindre l’interrupteur, à l’opposé. Des rallonges apparurent çà et là sur un lino rose…Du meilleur effet.L’espace ne répond pas efficacement aux besoins des patients, des couloirs courbes épuisent le personnel et font tourner les têtes des résidents les plus fragiles. Autoroute dangereuse et la culbute est fréquente pour les vieux sans réflexes.

Le docteur Michel Charroix, chirurgien gastrique, est le numéro deux numéro un officieux du CHAM.E. « Lui, a droit à deux masseuses pour son service. L’estomac ! Tu sors de l’ascenseur, tu vois les photos du personnel accrochées au mur, team merveilleuse. Mais le mieux, c’est qu’elles sont éclairées – jour et nuit – et on nous parle de faire des économies ! » Economies, 49 millions, « C’est partout comme ça. Ça - c’est le public ! Les impôts, etc. »

Nous restons silencieux. Tous ces mots. Je reste bloqué sur injuste, dégoût, et je pense à la vie de Michel Charroix, qui ne pense pas à moi.